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L’agriculture bio, c’est du pipeau ?

Le BIO prend une part de plus en plus importante sur le marché français et c’est aussi une tendance mondiale. Entre 2015 et 2016, le marché des produits BIO en France a augmenté de 21.7% avec en 2016 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! Contre 3 milliards en 2010.

Face à cette progression fulgurante, j’ai décidé d’éclaircir quelques points à ce sujet afin d’éviter la confusion et de ne plus avoir de préjugés faussés 🙂
J’entend très souvent des personnes sceptiques car ils estiment que cela n’empêche par de projeter à profusion des produits phytosanitaires ou bien d’autres cochonneries.
Ou encore « ça m’étonnerai que les vaches mangent tout bio, dans des paturages bio, etc… ». Bref, beaucoup de sceptiques quant à la véracité de la certification BIO, c’est compréhensible car on ne connaît pas tous les détails de cette certification.

1 – Tout d’abord, qu’est-ce que l’agriculture Biologique ?

« La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation de ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l’égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels. »

Issu du règlement de l’UE n° 517/2013 du conseil du 13 mai 2013

L’encadrement juridique de ce marché permet d’assurer une certaine fiabilité et sécurité au consommateur.

2 – Les principes essentiels

Production biologique ?

  • restriction de l’utilisation d’intrants extérieurs et chimiques : utilisation de produits reconnus comme « utilisables en agriculture biologique »
  • tous les produits transformés doivent comporté un minimum de 95 % de son poids en produits issus de l’agriculture Biologique dans leur composition
  • les produits « OGM » (organismes génétiquement modifiés) ne peuvent pas faire parti ces dispositions (OGM = non bio)
  • étiquetage clair et défini (détaillé dans le prochain paragraphe)
  • recycler au maximum les déchets
  • préserver le bien être animal : accès au plein air, prévention des maladies, respect des espèces, nourriture exclusivement biologique ou durable,
  • l’élevage d’animaux polyploïdes obtenus artificiellement est exclu

Bien être animal :

  • accès au plein air
  • pratiques d’élevage visant à respecter les espèces
  • nombre d’animaux d’élevage limité
  • l’attache ou l’isolement des animaux sont interdits
  • toute souffrance est réduite au minimum y compris pendant abattage
  • la reproduction ne doit pas faire appel à des traitements à base d’hormones
  • clonage et transfert d’embryon interdit
  • utilisation de facteurs de croissances et d’acides aminés de synthèse est interdite
  • traitement des maladies en priorité avec des produits de phytothérapie, homéopathiques

Transformation des denrées alimentaires biologiques ainsi que des aliments BIO pour animaux ?

  • utilisation de produits biologiques sauf lorsqu’un ingrédient n’est pas disponible en BIO sur le marché
  • réduction des additifs alimentaires
  • soin apporté à la manière de transformer les aliments

A noter : Il faut savoir que la commission européenne recense une liste de pays hors UE appliquant des normes de productions et dispositions de contrôle équivalentes à celles prévues par la législation communautaire.

3 – Les certifications

Le règlement s’applique à tout opérateur exerçant une activité à un stade quelconque de la production, de la préparation ou de la distribution des produits.
Toutes les exploitations qui commencent une activité de production biologique sont en période appelée « conversion ».
L’exploitant doit déclarer aux autorités compétentes sont exploitation et l’assujetti aux systèmes de contrôles.
Pendant cette période, l’exploitant applique exactement les mêmes règles que s’il était certifié BIO.
La période est définie selon le type de culture ou de production animale (par exemple, un agriculteur peut rester en période de conversion pendant 3 ans).
Les produits récoltés pendant cette périodes de conversion ne peuvent pas être apposés des labels BIO.

Tous les acteurs doivent posséder cette certification pour que le produit soit BIO jusqu’à la fin du circuit de distribution.
Exploitant agricole, transporteur, organisme stockeur (avec des emplacements dédiées aux produits BIO), magasins.

Tous ces intervenants sont soumis à des déclarations strictes et contrôles réguliers.

4 – L’étiquetage

Certains industriels peuvent vous faire penser que des produits sont BIO en faisant preuve de beaucoup d’imagination tout en restant dans la « légalité ».
Et c’est souvent pour cette raison que cela provoque la confusion chez les consommateurs.
Ex : emballage de couleur verte, avec des mentions telles que « produits naturels », ou « production locale ».
Ok c’est peut être bien, mais ce n’est pas forcément des produits BIO, donc méfiance!

Pour identifier clairement les produits BIO respectant les normes en vigueur, il faut que les conditions suivantes soient remplies :

  • numéro de code de l’autorité ou organisme de contrôle doit être présent sur l’étiquette
  • le fameux logo communautaire doit apparaître sur les denrées pré emballées au niveau de l’emballage
    • l’origine :
    • Agriculture UE
    • Agriculture non UE
    • Agriculture UE/ non UE : lorsque le produit comporte des matières premières issues de l’UE et aussi hors UE

Il est même possible de voir figurer le nom du pays dans le cas où toutes les matières premières qui composent ce produit ont été produites dans le pays mentionné.

Le logo français officiel est celui de l’Agriculture Biologique « AB » :

LOGO AGRICULTURE BIOLOGIQUE
Le logo de la commission européenne se nomme « Eurofeuille » (ba oui, une feuille avec les étoiles de l’UE, facile!)

Logo EUROFEUILLE


Petit mot de la fin : si vous êtes toujours sceptiques, n’oubliez pas que les produits issus de l’agriculture biologique seront TOUJOURS mieux que ceux que vous consommez en agriculture « conventionnelle ». Préférer des produits bourrés de pesticides en tout genre face à des produits issus de l’agriculture biologique juste parce que vous ne croyez pas à 100% en ces réglementations, c’est une excuse assez ridicule 🙂 

Pour ma part : je ne consomme pas à 100% BIO (oh la vilaine elle est pas parfaite ^^), en revanche sur certains aliments je consomme exclusivement BIO. Dans un prochain article je vous ferai la liste des fruits et légumes à consommer BIO en « priorité » car ils reçoivent plus de traitement que d’autres produits.

Et vous, où en êtes-vous sur le BIO ?

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